Le blog d'une passionnée de vin

Vins Natures et Dilettantes – Catherine Breton

Delavigne est allé à l’île d’Yeu, à la rencontre de Catherine Breton du domaine éponyme à Bourgueil (Domaine Catherine & Pierre Breton). Elle a ouvert la Dilettante au coeur de l’île, à Saint Sauveur, il y a 5 ans. C’est un lieu convivial à la fois cave à vins et épicerie fine, où l’on retrouve sa sélection de vins natures, ceux qu’elle aime et qu’elle défend.

Elle a accepté de nous parler de ce lieu, de sa philosophie des vins natures et nous livre quelques coups de coeur.

vins natures catherine breton
Quand on s’appelle Breton, comment tombe-t-on sous le charme d’une petite île en Vendée ?

Par le hasard des rencontres, grâce à notre ami Michel Tolmer (ndlr : un fameux dessinateur et amateur de vin). On a quitté La Baule pour adopter l’île d’Yeu. C’est aussi la passion du vin qui nous a réunis ici car c’est avant tout un endroit familial de vacances où l’on prend le temps d’ouvrir des bouteilles et de goûter. C’est un lieu paisible, sauvage d’ailleurs apprécié de nombreux amis vignerons (ndlr : voir notre article sur l’Ile d’Yeu, la petite île où croiser des vignerons). C’est un endroit dans lequel les gens viennent détendus, souvent en vacances ou en week end, dans une posture d’écoute et de dialogue.

Comment est née l’idée de ce lieu, la Dilettante ?

Le vin est un langage. Il est difficile à apprendre et à comprendre y compris pour nous vignerons. Au début tu fais ton vin un peu dans ton coin, puis tu échanges avec tes copains vignerons et ensuite avec tes clients professionnels (restaurateurs, importateurs).  Il y a un temps où tu veux aussi échanger avec des clients finaux pour mieux comprendre leurs attentes. Ici je suis un peu incognito, la plupart des gens ne savent pas je suis vigneronne et ils peuvent dire ce qu’ils pensent sans filtres.

Comment as-tu sélectionné les vins qui sont ici ?

Il n’y a que des vins natures et des vins que j’aime : c’est mon palais, le sélectionneur ! (rires) Il y a aussi des gens que j’ai envie d’aider, des jeunes qui s’installent. Tous ces vins sont propres et non ‘déviants’.

Les grands vins natures ne le sont que par construction, car l’état sanitaire des raisins nous permet de ne pas sulfiter et que l’attention portée aux cuves est millimetrée.

Catherine Breton
Quand est née votre philosophie des vins « natures »?

En fait quasiment depuis le début (1989) ! Pierre mon mari (ndlr : photo ci contre) a rencontré Marcel Lapierre (un vigneron du Beaujolais qui a été le précurseur de ce mouvement) dès ses débuts. Il a commencé à vinifier sans souffre avec Nuit d’Ivresse en 1992. Tous les ans, Marcel rassemblait ses amis vignerons lors d’une grande fête le 14 juillet. Nous avons constaté que les vins des vignerons qui étaient là étaient sincères, digestes et souvent sans défauts malgré des sulfitages légers voire inexistants. Au départ, ces vignerons souhaitaient simplement sauver ce qui marchait dans la viticulture traditionnelle mais disparaissait au profit d’une viticulture utilisant systématiquement la chimie. Leurs vins étaient donc vivants, parlaient d’eux mêmes et surtout reflétaient leurs terroirs : c’est donc la ligne de conduite qui a été adoptée au domaine.

En fait les vins natures n’ont rien de naturel?

Le vin n’est jamais naturel. Les vins sans souffre ne le sont pas par ‘idéologie’. Il n’est pas question de faire des vins déviants ou malades. Nous voulons surtout faire des vins qui soient ni des vins d’œnologie ni des vins techniques mais plutôt des vins d’émotions. Nous ne rejetons pas dogmatiquement les apports des outils « modernes » mais nous souhaitons préserver aussi ce qui marche dans les traditions ancestrales (levures indigènes, filtrations naturelles, aucun intrants si ce n’est un peu de SO2 à la mise).

Qui a pris le tournant dans la Loire avec vous?

Il y en a tant aujourd’hui ! Thierry Puzelat, Guy Bossard, Jo Landron, Hervé Villemade étaient les premiers. Nous étions tous dans une forme de viticulture engagée.

vins natures catherine breton delavigne
Pour finir, choisis 3 bouteilles de ta sélection et commente les nous !

Alors je choisis trois bouteilles de blancs, qui s’adaptent particulièrement bien à la gastronomie locale (voir notre article sur l’île d’Yeu et sa gastronomie)

  • Un Vouvray « Pierres Rousses » car c’est le premier millésime de Paul, notre fils et que je veux l’encourager!
  • La Cuvée « C’est un blanc c’est un Rietsch », il incarne pour moi la nouvelle génération de vignerons en Alsace dans la lignée de Meyer et Binner : des vins subtils et toujours agréables à boire à l’apéro ou sur un poisson au four. Et puis j’adore l’humour de l’étiquette et le format original de la bouteille d’1L, très conviviale.
  • La Cuvée « Acacia », d’Hervé Villemade, il a un côté droit et généreux, que j’adore. Une expression généreuse du romorantin, un cépage autochtone de ce coin de la Loire qu’il faut faire découvrir aux gens pour le protéger.

AU-DELÀ AVEC DELAVIGNE

Dilettante : De l’italien dilettante (« amateur »), littéralement « celui qui se délecte ».

Pour retrouver tous les vignerons partageant la philosophie de Catherine Breton, courrez à la Dive Bouteille, salon qu’elle a créé en 1999 pour donner une voix aux vignerons de Loire produisant des vins natures. Aujourd’hui le salon compte plusieurs centaines de vignerons venus de toutes les régions viticoles de France et d’Europe.

http://www.dive-bouteille.fr

Textes & Crédits Photos : Bérénice Galand @_delavigne_

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